- Raphaël Gazel
- 8 juillet 2024
Législatives 2024 : pas de majorité à l’Assemblée nationale et beaucoup d’incertitude
À l’issue d’une soirée électorale marquée par un retournement de situation assez saisissant, le Rassemblement national a perdu sa position dominante, se voyant même reléguer autroisième rang. Voici la composition de la nouvelle Assemblée nationale :
Après un premier tour qui a vu une percée spectaculaire du RN, le jeu des désistements et la coalition des partis de gauche au sein du NFP ont eu un impact déterminant, permettant de restreindre la montée en puissance du RN, de limiter les pertes côté Ensemble, voire de regagner des sièges pour les partis « traditionnels » que sont LR et les partis de gauche modérée.
Des satisfactions et des déceptions, mais pas de victoire à proprement parler
Si Jean-Luc Mélenchon a essayé de préempter les résultats et de leur donner des allures de victoire nette en prenant la parole immédiatement après les premières estimations, les autres réactions ont été plus nuancées, y compris chez les représentants du NFP lui-même. Il est vrai qu’aucun mouvement n’atteint la majorité absolue et même au sein du NFP, la formation de Jean-Luc Mélenchon, considérée comme la plus radicale, dispose de moins de sièges que l’ensemble des représentants des partis de gauche « modérés ».
On peut noter également le fort taux de participation de 66,63 %, supérieur à celui des quatre élections législatives précédentes, ce qui contredit la théorie du désintéressement de la chose politique par les Français. De plus, alors que la participation a historiquement tendance à baisser entre le premier et le second tour de ce type de suffrage, elle s’est quasiment maintenue cette année, avec une baisse minime de 0,08 point. C’est enfin la participation la plus forte enregistrée depuis 1997, après des décennies d’une chute continue.
Maintenant, une autre phase commence, peut-être encore plus complexe que l’élection elle-même.
Un mode de fonctionnement pas si inédit
La nouvelle Assemblée semble ainsi devoir se retrouver au cœur d’un nouveau dispositif de gouvernance politique, qui ne pourra fonctionner que par la formation de coalitions sur des compromis débattus, revenant à un mécanisme qui était celui d’origine.
Jusqu’où les mouvements politiques seraient-ils prêts à mettre de côté certains de leurs leitmotivs traditionnels, voire dépasser certaines réserves ou inimitiés, pour jouer le jeu d’un débat constructif, objectif et pérenne ? C’est l’une des nombreuses questions auxquelles personne n’a la réponse aujourd’hui.
Quel gouvernement pour demain ?
Un tel fonctionnement pourrait s’appuyer sur un gouvernement dit « technique », c’est-à-dire composé de ministres appelés pour leur compétence plus que pour leur appartenance politique.
Si le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé remettre sa démission au président, il n’est pas certain qu’Emmanuel Macron souhaite effectuer des changements dans l’immédiat. Peut-être même voudra-t-il assurer une certaine stabilité jusqu’à la fin des Jeux olympiques, remettant à la rentrée la formation d’un nouveau gouvernement.
Comme on le voit, les résultats de cette élection amènent énormément d’incertitude et il va sans doute falloir un certain temps de décantation avant d’obtenir des indications claires quant à la suite des événements.
